« Il est impossible de comprendre ce que l’on n’accepte pas. »
« La souffrance est l’illusion que nous projetons sur la vie du fait 〔...〕 de notre cœur-esprit non éveillé. Si, au lieu de nous concentrer sur cette illusion, nous étions présents à l’instant, quel qu’il soit, nous verrions que "c’est ainsi". En étant présents, nous amenons l’instant à la conscience et celle-ci nous rappelle que c’est ainsi que sont les choses à ce moment précis. Il ne s’agit pas de décider si elles sont justes ou pas. Même si les choses paraissent absolument terribles à cet instant, nous ne portons aucun jugement de valeur ; nous constatons seulement qu’elles sont comme elles sont.
Pouvoir envisager ainsi les situations est très utile dans les relations personnelles difficiles de même que pour réfléchir aux problèmes du monde. Les choses sont telles qu’elles sont, n’est-ce pas ? Cela ne veut pas dire que nous y sommes indifférents mais que nous acceptons ce qui est, de façon à pouvoir vraiment le comprendre. Il est impossible de comprendre ce que l’on n’accepte pas. Si nous voulons comprendre quelque chose d’horrible, il faut accepter son horreur. Ce n’est pas pour autant que nous l’aimerons 〔…〕 mais nous pourrons l’accepter. Et une fois que nous aurons accepté l’horreur d’une situation, nous pourrons commencer à la comprendre. »
SUMEDHO, Ajahn, L’esprit et la voie, Réflexions d’un moine bouddhiste sur la vie, Sully, 2007 〔éd. originale, en anglais : 1995〕, p. 143.