« […] le Brésil, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, quatre pays qui constituent, avec la Russie, les Brics. Réfractaire à la domination économique américaine, ce groupe a été fondé en 2009 (l’Afrique du Sud l’a rejoint en 2011) dans les remous de la Grande Récession, qui avait révélé au monde l’irresponsabilité économique de l’Occident. La crise américaine des subprimes fut pour ces pays, démunis mais en croissance, une affaire sidérante : pourquoi accorder à de pauvres gens des prêts immobiliers, à taux élevés, quand on sait qu’ils ne pourront pas les rembourser ? […] À l’irresponsabilité des États-Unis est vite venue s’ajouter celle de l’Europe, si lente à réagir. En vérité, c’est la Chine qui, par une politique de relance massive, a tiré le monde de la récession. L’émergence des Brics répondit à cette double irresponsabilité occidentale. Conséquence de cette guerre [d’Ukraine] qui devait isoler la Russie, ce groupe s’est élargi, avec l’admission en août 2023, au sommet de Johannesburg, de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de l’Iran, de l’Égypte, de l’Éthiopie et de l’Argentine.

[…]. Les Brics comptent donc l’Inde, désormais le pays le plus peuplé, la Chine, deuxième pays le plus peuplé, tous deux situés sur le continent le plus peuplé, l’Asie. Le Brésil, quant à lui, est le pays le plus peuplé et le plus puissant d’Amérique latine : il a longtemps été un allié des États-Unis avant de devenir son principal opposant sur le continent américain. »

TODD, Emmanuel, La défaite de l’Occident, Paris, Gallimard, 2024, p. 191.

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