« 〔…〕 le terme d’ascèse ne se réfère pas à des cilices mortifiants, à des jeûnes titanesques, à des humiliations communautaires ou à des pratiques qui punissent le corps pour nous avoir incités au péché. 〔…〕
Il y a quelques années, l’abbesse bénédictine Candida Cimbalista considérait qu’il existe de nombreuses formes et moyens d’ascétisme. Il y en a tellement qu’on parle même d’écoles d’ascèse, de styles qui sont souvent spécifiques à des périodes ou à des familles religieuses ou à des mouvements spirituels. Elle proposait donc aux moniales de son monastère une ascèse de la normalité. 〔…〕
L’ascèse de la normalité implique d’assumer les différents aspects quotidiens de l’existence et de les vivre avec réalisme, acceptation, générosité, oblation, cohérence et joie. 〔…〕 L’ascèse de la normalité 〔…〕 cherche un équilibre : entre travail, repos, alimentation, prière et loisirs. Bref, il s’agit d’embrasser une vie pleinement humaine, vécue simplement, dans l’équilibre du quotidien… mais comme un chemin ascétique à part entière : une ascèse de la normalité, marquée par un exigence intérieure de croissance dans la vertu, de cohérence évangélique et d’unification de toute la vie dans l’amour de Dieu. »
ARFUCH, Diego, Vivre sa foi en lisant les pères de l’Église, Salvator, 2025, pp. 87-89.