« Petit matelot, […] tu te souviens des bancs de sable, nous empêchaient-ils d'aller à la pêche ? Eh bien, tes difficultés actuelles c'est pareil, continue de ramer avec courage, quand tu seras au large, tu verras que c'était bien la peine d'insister. N'oublie pas, ce sont les difficultés traversées qui forgent les meilleurs marins. […]
Souviens-toi, petit matelot : ta barque enlisée, tu peux attendre passivement la bienveillance de la marée haute ou patauger dans la vase et la dégager, en poussant vaillamment. Il en va de la vie comme de ta barque, savoir patienter quand il faut, c'est bien, mais prends garde à ne pas te servir de la patience comme excuse à l'inaction. Retiens bien ceci, mon petit matelot, face aux difficultés, l'effort paye plus que la patience des fainéants. Souviens-t’en toujours. »
DIOME, Fatou, Aucune nuit ne sera noire, Albin Michel, 2025, pp. 220 et 231.