Autorité-responsabilité-discipline

« Oui, bien sûr, l’enfant doit obéir quand c’est une question de vie et de mort. Mais […] c’est pour les petites choses qu’un enfant est habituellement puni. […]. Chaque individu [doit être] libre de faire ce qui lui plaît aussi longtemps qu’il ne viole pas la liberté des autres. Et cela est réalisable au sein de n’importe quelle communauté ou groupe. Dans un foyer où règne la liberté, il n’y a pas d’autorité à proprement parler : "Je le veux ! vous obéirez !" En pratique, bien sûr, il y a une autorité. On pourrait l’appeler tout aussi bien protection, affection, responsabilité adulte. Une telle autorité demande parfois de l’obéissance mais elle en accord aussi. […]. Dans les pays disciplinés, la vie d’un homme ne vaut pas cher. Il existe cependant une autre discipline. Dans un orchestre, le premier violon obéit au chef d’orchestre parce qu’il est aussi intéressé que celui-ci à la réussite du concert. […]. La discipline sévère dans un foyer est toujours une projection de la haine. […]. On peut dire à juste titre que le foyer discipliné vise à la castration dans son sens le plus large, c’est-à-dire la castration de la vie elle-même. Aucun enfant obéissant ne peut devenir un homme ou une femme libre. Aucun enfant puni pour s’être masturbé ne peut être sexuellement équilibré. »

NEILL, Alexander S. Libres enfants de Summerhill, La Déouverte Poche, 2004 (éd. originale en anglais : 1961), pp. 206-210.

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