« Le mot [antisémitisme n’a été] forgé qu’en 1879, par un certain Wilhem Marr, l’obscur auteur d’une diatribe, La Victoire du judaïsme sur le germanisme. Le point de vue de Marr était purement profane, autrement dit racial. Des savants français avaient été le fer de lance du nouveau racisme [celui du vingtième siècle qui conduira à la Shoah] bien avant que Marr et d’autres "experts" allemands ne reprissent le flambeau. Le comte Arthur Joseph Gobineau semble avoir été le premier. Son Essai sur l’inégalité des races humaines (1853) célébrait les vertus "aryennes" pour décrier de la dégénérescence sémite (et latine). Il devint tristement célèbre. Ce ne sont pas non plus les Allemands qui inventèrent l’opposition des "Aryens" et des "Sémites". Là encore, il faut en créditer l’historien et philologue Ernest Renan, qui identifia et distingua les races "supérieures", indo-européennes, des races sémitiques, "inférieures". Son influente Vie de Jésus, que croyants et laïcs lurent avec une égale fascination, présente un Christ humaniste exempt des "défauts" de sa race. En Allemagne, avant le milieu des années 1870, il ne se trouva qu’une poignée de fêlés et de journalistes marginaux pour prêcher cette forme particulière de haine des Juifs dans une indifférence quasi générale.
Le krach boursier d’octobre 1873 changea brutalement la donne. Les milliards de réparations de guerre exigées des Français avaient provoqué une surchauffe de l’économie. Le krach affecta tout le continent à la suite de la vague de spéculation fébrile qui avait balayé tous les pays européens du fait de promoteurs téméraires de mèche avec les milieux politiques. [...] Le krach provoqua une vague d’agitation antisémite différente de tout ce que l’Allemagne – et la France – avait connu depuis les Croisades et la Peste noire. On accusa les Juifs d’être "inférieurs" et "immoraux" ; leur réussite au cours des deux ou trois dernières décennies tenaient exclusivement à des manipulations douteuses, voire criminelles. Que de nombreux courtiers en Bourse fussent juifs n’était pas un hasard. Au dépens de qui s’étaient-ils enrichis ? [...]
Les principaux instigateurs du nouveau racisme furent des aristocrates faillis frappés par l’inévitable krach, des agitateurs conservateurs et des ecclésiastiques démagogues ; et le chœur, suivant le mot de Hegel, la populace hurlante de la petite bourgeoisie. D’éminents membres de l’aristocratie foncière, également frappés par la chute des prix agricoles liée à l’importation de produits américains moins chers, étaient fascinés par la nouvelle richesse de la bourgeoisie commerçante urbaine. Le tristement célèbre "Juif parvenu" devait être le principal objet de leur mépris et de leur envie. Ils se convainquirent que leur pauvreté soudaine était la faute de ces nouveaux riches juifs qui rachetaient les propriétés de leurs ancêtres et leurs hôtels particuliers dans le centre historique de Berlin. [...] Dès lors que des Juifs y goûtaient, ces luxes que l’aristocratie n’avait plus les moyens e s’offrir devenaient des "vices" décriés.
[...] Dans le mythe dominant, cependant, les aristocrates demeuraient des grands hommes d’État, de vaillants soldats et des serviteurs dévoués de l’intérêt public. À la suite du krach, ce n’est pas eux que la fureur populaire visa, ni le gouvernement qu’ils dominaient, mais les Juifs. [...] La judéophobie devait accompagner le nouvel empire jusqu’à son dernier jour en 1918 telle "une composante majeure de sa culture politique".
Bismark lui-même facilita indirectement le nouvel antisémitisme. Alors que les mises en accusation des Juifs s’amplifiaient, il observa un silence glacial. Il avait ses raisons. Ni raciste ni viscéralement hostile aux Juifs, il pensait qu’il fallait "accoupler les étalons allemands et les juments juives", riches de préférence. Cynique et misanthrope, il était d’une insondable duplicité. Son silence était politiquement commode. À l’évidence, il y voyait un moyen de détourner la désaffection populaire et d’affaiblir le bloc libéral, qui était naguère son principal soutien mais qui supportait mal son autoritarisme et sa politique économique protectionniste. [...] La vague de chahut antisémite reflua ; les choses se calmèrent. Les "années d’angoisse", comme on devait appeler la fin des années 1870, passèrent. Le pays sortit de vie recommença à progresser. [...] Les deux décennies et demie qui précèdent la guerre de 1914-1918 sont souvent obscurcies par les désastres qui ont suivi [, alors que] la période 1888-1914 se caractérise par la [...] stabilité institutionnelle, le progrès technique et la prospérité économique. Le nouveau cours démentait les vieilles peurs. L’Allemagne était économiquement et militairement le pays le plus puissant du continent européen alors même que la guerre était de plus en plus improbable, ne serait-ce qu’en raison de son coût exorbitant. [...] » (pp. 212-224) L’Allemagne était une société semi-militarisée. L’imagerie martiale envahissait l’imagination nationale ; les monuments de guerre dominaient partout les vallées et les places. Les officiers de réserve jouissaient d’un statut spécial. Professeurs, médecins, avocats, universitaires et hommes d’affaires, tous indiquaient leur grade dans les réserves sur des cartes de visite gaufrées. Pour l’anniversaire de la victoire de Bismark à Sedan, les professeurs de latin revêtaient leurs uniformes avec leurs médailles et revivaient les batailles de César au tableau en des termes repris de Clausewitz et de Moltke. Un commandement dans l’armée de réserve était une condition sine qua non pour exercer de hautes fonctions dans l’appareil d’État. En mai 1909, la Frankfurter Zeitung affirma qu’entre vingt-cinq et trente mille Juifs, qui avaient les qualifications nécessaires pour devenir officiers, avaient servi dans l’armée depuis 1880. Aucun n’avait été promu officier, alors que quelque trois cent convertis l’avaient été. » (pp. 225-250)
[Au début du vingtième siècle,] la France était le pays d’Europe occidentale où l’antisémitisme semblait généralement le plus virulent. Près d’un siècle durant, les Juifs français avaient bénéficié de l’héritage libertaire de 1789. Au milieu des années 1890, cependant, la France républicaine fut soudain infectée par la haine raciale qui accompagna le procès du capitaine Alfred Dreyfus, seul Juif à l’état-major général. [...] Effrayés, la plupart des Juifs français restèrent passifs. Alarmés, des Juifs allemands venus en touristes à Paris regagnèrent précipitamment Francfort et Berlin. [...] Les convulsions de l’affaire Dreyfus allaient durer plus de dix ans. Les preuves de plus en plus nombreuses que Dreyfus avait été condamné sur des accusations fabriquées de toutes pièces semblèrent empoisonner l’atmosphère encore un peu plus : on accusa les Juifs de former une cinquième colonne, responsable de la défaite de la France en 1870. [...] Les troubles publics prirent une telle intensité que l’on peut croire, un temps, que l’armée allait renverser le gouvernement pour empêcher un nouveau procès et mettre fin à la république. La violence du bouleversement ne fit que confirmer les Juifs allemands dans leur ferveur patriotique. Ils s’estimaient heureux de vivre dans un pays ordonné sous un régime relativement clément. [...] En Alsace-Lorraine, au moment de l’annexion à l’Allemagne en 1871, des milliers de Juifs avaient choisi de rejoindre la France "pour ne pas devenir allemands. Nombre de ceux qui étaient restés étaient maintenant fort aises d’être allemands. » (pp. 251-252)
En Europe orientale, c’est dans la Russie tsariste que l’antisémitisme était le plus féroce. Au tournant du siècle, cinq millions de Juifs y vivaient en étrangers parmi les Russes, les Biélorusses, les Polonais, les Lituaniens, les Lettons et les Estoniens, les Cosaques, les Géorgiens et les Ukrainiens ; une multitude de peuples divers, hostiles les uns aux autres et surtout aux Juifs. La plupart des Juifs russes étaient confinés par la loi dans la Zone de résidence, région baignée de désespoir et de dénuement. [...] La Russie était aussi tristement connue depuis quelques années comme une terre de pogroms. Le mot pogrom – dévastation -, en russe, allait entrer dans le vocabulaire international pour décrire les violences visant un groupe ethnique. À compter des années 1880, les pogroms antisémites qui balayèrent régulièrement la Russie devaient être inspirés par les pouvoirs publics afin de faire diversion et détourner des misères de la vie quotidienne. Près de deux millions de Juifs fuirent la Russie entre 1880 et 1910. » (pp. 252-253)
« La statut des Juifs en Autriche-Hongrie était aussi plus inquiétant qu’en Allemagne. [...] Alors que les Juifs jouaient un rôle de premier plan dans la vie culturelle viennoise et dans l’économie nationale, leur situation devenait toujours plus précaire à travers l’empire multinational des Habsbourg. En Bohême, les Tchèques les haïssaient d’être allemands, et les Allemands les méprisaient d’être juifs. En tant que seule minorité réellement fidèle à la couronne branlante des Habsbourg, ils se sentaient d’autant plus isolés et exposés politiquement. Nulle part en Europe centrale leur sort matériel n’était aussi désespéré que dans la province autrichienne de Galicie, où la croissance démographique et la crise économique engendraient des famines récurrentes. On a estimé à cinq mille le nombre de Juifs galiciens qui mouraient de faim chaque année. » (pp. 254-255)
« [...] Outre qu’il n’est pas facile de tourner le dos à son foyer et à sa langue, les Juifs allemands sentaient bien que, malgré ses insuffisances, l’Allemagne paraissait plus civilisée et, surtout, plus disciplinée que la plupart des autres États. L’idéal humaniste de la Bildung, qui pour beaucoup de Juifs étaient leur unique religion, continuait d’évoquer une promesse qui gardait en vie leur histoire d’amour avec l’Allemagne. Quand les Juifs allemandes émigraient, ils emmenaient avec eux la foi de leur ancien pays. [...]. Aux États-Unis, un certain nombre d’immigrés judéo-allemands envoyaient leurs enfants dans des écoles allemandes, commandaient des journaux et des livres en allemand et chantaient dans les chœurs allemands. [...]. Les Juifs allemands demeurèrent attachés au Vieux Pays bien plus longtemps que les autres immigrés juifs d’Amérique. [...]. En 1914, d’éminents Juifs américains d’origine allemande protestèrent contre l’entrée en guerre de l’Amérique aux côtés de l’Angleterre et de la France contre l’Allemagne impériale. [...]. Les Juifs d’Europe orientale installés aux États-Unis étaient aussi pro-allemands tant l’antisémitisme de la Russie tsariste leur répugnait. En Russie même, les Juifs de la Zone de résidence accueillirent en libératrice les troupes allemandes qui progressaient en Pologne, en Biélorussie et en Ukraine. En un sens, ils n’avaient pas tort.
Le gouvernement britannique prit cela très au sérieux. Dans un accès de paranoïa, l’ambassadeur de Grande-Bretagne à Washington soupçonna même l’existence d’un véritable complot juif-allemand aux États-Unis contre la Grande-Bretagne. En 1917, la déclaration Balfour, prônant l’instauration d’un foyer national juif en Palestine, fut au moins en partie motivée par le désir du gouvernement britannique de trouver des soutiens parmi les Juifs américains d’origine allemande. » (pp. 254-256)
« Malaise dans l’assimilation.
Au tournant du siècle, la bourgeoisie juive allemande prospérait. Une poignée s’enrichissait. Sur les deux cent familles prussiennes les plus riches, quarante, disait-on, étaient juives. À Berlin, elles représentaient 5% de la population, mais versaient plus de 30% des impôts à la ville. [...] À Francfort, les Juifs payaient en moyenne quatre fois plus d’impôts que les protestants, et huit fois plus que les catholiques. [...] Aucune autre classe en Allemagne ne poussa l’art aussi loin que la moyenne et la grande bourgeoisie juive allemande au tournant du siècle. [...] Grâce à Simon [Jacques Simon, le "roi du coton"] et à d’autres donateurs juifs, les musées de Berlin furent les premiers d’Europe à exposer les impressionnistes, donnant un nouveau souffle au monde de l’art allemand. [...] Les plus importants [des] nouveaux établissements [que furent les grandes institutions financières, privées ou publiques] – la Reichsbank, la Deutsche Bank, la Dresdner Bank et la Darmstätter Bank – avaient été créés ou étaient encore dirigées par des Juifs. Les banques mises à part, des Juifs entreprenants étaient à l’origine de plusieurs industries nouvelles : petites et moyennes usines chimiques, usines métallurgiques, usines d’électricité, de fonte, imprimeries et filatures. Ce sont eux qui lancèrent la première usine aéronautique allemande et les premières chaînes de grands magasins ; ils furent aussi les premiers à introduire les méthodes américaines de production. [...] La richesse, le poids et l’acuité intellectuelle de ces hommes les mirent personnellement en contact avec le Kaiser. Certains allaient être nommés "Juifs du Kaiser" (Kaiserjuden) [appellation légèrement péjorative due au sioniste Chaim Weizmann]. [...] Le Kaiser les consultait régulièrement sur des questions de politique financière, et ils le flattaient en se montrant généreux envers ses œuvres de charité préférée. Les magnats qui s’étaient faits à la force du poignet fascinaient le Kaiser. [...] L’empereur traitait les Kaiserjuden avec une exquise civilité, les conviant à des déjeuners et des dîners privés au palais ou sur son yacht. En principe, ils étaient donc höffähig, présentables à la cour ; en pratique, tel n’était pas le cas. Les invitations au palais ne s’étendait jamais à leurs femmes. Ce qui passait mal. » (pp. 260-267)
Inévitablement on continuait de ridiculiser les mécènes juifs comme des parvenus. [...] L’essai antisémite de Richard Wagner, "Les Juifs dans la musique" (1850), ne devait pas empêcher les Juifs d’affluer aux représentations de ses opéras. [...] Quoi qu’en pensât Weizmann, les Kaiserjuden étaient en vérité un groupe fort divers. Politiquement, la plupart étaient libéraux ; si un ou deux votaient conservateurs, ils étaient très à gauche de l’entourage réactionnaire et xénophobe du Kaiser. Qui plus est, Simon était tout sauf obséquieux. Rathenau se plaisait à lancer des vérités désagréables au Kaiser et à d’autres potentats allemands. [Beaucoup] étaient des "cosmopolites [...], des hommes ouverts et libéraux" [W. Mosse]. Alors que d’autres industriels partageaient la vision paranoïde que Guillaume II avait des dirigeants et des rois européens – le fabricant de canon Krupp, par exemple, confirma le Kaiser dans sa peur que l’Angleterre et la France se liguent contre l’Allemagne dans une stratégie malveillante d’encerclement – Ballin [Albert Ballin fut peut-être le plus grand entrepreneur juif, l’un des plus grands armateurs du monde], Warburg [Max Warburg, banquier, ami de Ballin], Anrhold [Eduard Arnhold, magnat du charbon] et Simon lui expliquèrent que c’était une vision simpliste et peut-être intéressée. Ils le pressèrent de chercher une entente avec l’Angleterre. [...] Rathenau prêchait une union économique européenne afin de consolider une paix durable. Ouverts, ni serviles ni enclins à l’abnégation, ces hommes appartenaient à un milieu intellectuel à contre-courant de la culture officielle. [...] Le Kaiser appréciait le jugement de Simon en matière de finances et d’art, mais quand ce dernier voulut l’amener à condamner les préjugés raciaux et religieux ou à prendre des initiatives énergiques pour mettre fin aux dernières discriminations frappant les Juifs allemands dans l’armée, les universités et la bureaucratie, il eut moins de succès. Guillaume II ne voulait pas ou ne pouvait pas exaucer les vœux de Simon. » pp. 262-270
« La férocité des pogroms russes de 1881 choque les Juifs allemands sans les surprendre totalement. Un véritable flot de réfugiés juifs effrayés et démunis franchit la frontière orientale en quête de sécurité. Les Juifs allemands ne les accueillirent pas à bras ouverts, mais contribuèrent généreusement à leur entretien et à leur intégration ultime. Malgré la sévérité des mesures adoptées par les pouvoirs publics contre cet afflux, des dizaines de milliers de Juifs russes, roumains et galiciens réussirent encore à se fixer en Allemagne au cours des deux ou trois décennies suivantes. En 1900, on estimait à 10-15% la population juive d’origine étrangère. Les clandestins étaient périodiquement refoulés de l’autre côté des frontières russe et galicienne. Davantage réussirent à entrer. Fermer la frontière orientale passait pour un "impératif culturel allemand", mais inapplicable. Ce n’était pas non plus légalement possible en raison des accords commerciaux et autres avec la Russie et l’Autriche-Hongrie. [...] La répulsion qu’éprouvaient les Juifs indigènes au spectacle des Ostjuden, les Juifs de l’Est, reflétait la peur lancinante d’y être assimilés. [...] Propagé depuis tant d’années par des voyageurs et des auteurs populaires, le mythe des Juifs orientaux rustres et primitifs passait pour acquis. À la frontière, les travailleurs sociaux eurent la surprise de découvrir que beaucoup ne portaient ni papillotes ni caftans, mais étaient "beaux, propres et intelligents". [...] La compassion que les Juifs français et allemands fortunés témoignèrent à leurs coreligionnaires russes n’était pas feinte. Ils se montrèrent généreux tout en essayant d’empêcher les réfugiés de se fixer en Allemagne ou en France. Plus d’un million de Juifs – d’aucuns ont avancé le chiffre de deux millions – auraient ainsi traversé l’Allemagne entre 1882 et 1914 pour rejoindre les États-Unis, l’Amérique latine et l’Angleterre. Ils arrivèrent en plusieurs vagues, d’abord de la Russie et de la Galicie sous contrôle autrichien, puis, après une série de massacres commis par la police roumaine, de la Transylvanie et de la Bucovine, puis de nouveau de la Russie après la révolution avortée de 1905. [...] Ce transfert de population massif fut géré avec une efficacité toute militaire. [...] le traitement rude réservé aux réfugiés ne fit qu’exacerber leur misère et confirma le stéréotype dominant. Les réfugiés étaient confinés des jours durant dans des trains et ne pouvaient en sortir sans passer par des stations d’épouillage. À Hambourg et à Brême, ils étaient enfermés avant de pouvoir embarquer. » (pp. 271-274)
« Un domaine où les Juifs occupaient une position particulièrement éminente, même s’ils ne le contrôlaient pas, était celui des sciences. [...] Pour Thomas Veblen et Sigmund Freud, la réussite des savants juifs s’expliquait par leur "scepticisme créatif", fruit de leurs difficultés à se faire accepter. [...] [Shulamit] Volkov soutient que, tout au moins initialement, de nombreux savants juifs qui s’étaient vu refuser un poste de professeur et avaient ainsi été rejetés en marge de la vie universitaire se trouvèrent contraints par les circonstances d’agir en pionniers et de cultiver des disciplines entièrement nouvelles. Ils réalisèrent des percées qui n’auraient sans doute pas été possibles s’ils avaient été professeurs en titre, surchargés de travail. » (pp. 276-278)
ELON, Amos, Requiem allemand, Une histoire des Juifs allemands 1743-1933, Paris, Denoël, 2010 (éd. originale anglaise : 2002), pp. 212-278.